Les bienfaits d'un animal de compagnie

Si nous assurons gîte, couvert et protection à nos animaux de compagnie, ils nous en remercient à leur manière : il est aujourd’hui prouvé qu’ils participent à un développement psychologique harmonieux de l’enfant et qu’ils améliorent notre fonction cardiovasculaire. Et, à l’hiver de notre vie, ils apportent un réconfort de tous les instants.

Notre santé passe par les animaux

Des résultats importants

Les constatations sur les apports bénéfiques de la compagnie d’un animal ont commencé bien timidement dans les années 60 de part et d’autre de l’Atlantique. En France, le docteur vétérinaire Ange Condoret publia le premier ouvrage de référence « L’enfant et l’animal ». Aux Etats-Unis, le pédo-psychologue Boris Levinson dans son livre « The pet oriented child therapy » souligne l’apport de la médiation avec l’animal dans une démarche thérapeutique engagée avec de jeunes malades présentant des troubles mentaux.

A partir de 1970, des chercheurs anglo-saxons (éthologues, psychologues et médecins généralistes) ont entrepris des travaux sur l’influence des relations homme-animal. Dans un premier temps, cette démarche a surpris, pour ne pas dire laissée indifférente, la communauté scientifique. A ses yeux, offrir à l’animal un cadre de vie épanouissant, le nourrir et prendre soin de lui, ne pouvait être interprété comme bénéfique à la santé, encore moins thérapeutique. Mais, rapidement, des effets insoupçonnés sont apparus derrière ces gestes banalement quotidiens.

De premiers travaux ayant montré l’influence positive de l’animal familier sur le psychisme humain, les universités américaines commencèrent à s’intéresser au sujet au milieu des années 80. Avec succès, puisque le très officiel ministère américain de la Santé (NIH) reconnut peu après "qu’il était prouvé que les animaux de compagnie peuvent avoir une influence positive sur la santé de certaines personnes". Cette prise de position allait stimuler la recherche, désormais valorisée aux yeux des scientifiques et du monde médical.

Des observations majeures

Des observations majeures ont été faites, qui ont conduit les scientifiques à poursuivre leurs travaux d’approfondissement. Il est à souligner que, depuis 1992, les chercheurs s’intéressant à l’animal ne travaillent plus isolément. Leurs travaux sont coordonnés par l’IAHAIO (International Association of Human-Animal Interaction Organizations). Cette structure fédère les activités d’une quinzaine d’associations nationales - dont l’Afirac en France - qui, à travers le monde, étudient les relations entre l’homme et l’animal et développent des programmes expérimentaux.

En 2003, une étude a abouti à des conclusions surprenantes. Les propriétaires d’animaux de compagnie seraient en meilleure santé que les non-propriétaires et fréquenteraient en conséquence beaucoup moins les salles d’attente des médecins. Un phénomène qui permettrait de faire des économies dans le domaine de la santé…

La présence de l’animal influe sur la santé de l’homme. A n’en pas douter l’étude présentée durant la 10ème Conférence Internationale sur les Relations entre l’Homme et l’Animal, à Glasgow, n’est pas passée inaperçue. Menée en Chine, en Allemagne et en Australie - c’est-à-dire sur trois continents différents – cette étude montre que les propriétaires d’animaux de compagnie auraient une meilleure santé que les non-propriétaires. En conséquence, ils se rendraient en moyenne de 15 à 20 % moins souvent chez leur médecin généraliste. Des résultats similaires pour ces trois pays et une conclusion unanime : l’interaction existant entre la présence d’un animal et la santé de l’homme.

Même si d’autres études devront compléter ces données, il est maintenant établi que vivre aux côtés d’un animal de compagnie aurait des incidences positives directement pour notre santé.

Tous les trois ans, l’IAHAIO organise des conférences scientifiques internationales - la plus récente s’étant tenue en Octobre 2007 à Tokyo - permettant de mesurer les avancées de ces recherches. La prochaine édition aura lieu les 4, 5 et 6 juillet 2010 à Stockholm…

L’animal familier : éducateur à quatre pattes

L’animal maintenant reconnu pour son rôle éducatif…

En 1995, à Genève, la 7ème Conférence Internationale sur les Relations entre l’Homme et l’Animal avait marqué un tournant dans les recherches portant sur les bienfaits de l’animal (notamment en matière de santé), puisque les résultats des études scientifiques menées sur ce thème avaient été cautionnés par l’ Organisation Mondiale de la Santé. Respectivement les conférences suivantes, Prague 1998, Rio 2001, Glasgow 2004 et Tokyo en 2007 ont confirmé non seulement que l’apport favorable de l’animal pour l’Homme est désormais incontesté, mais que l’intégration des animaux familiers dans la société est devenue un phénomène universel.

Un facteur de développement pour l’enfant

L’intérêt croissant pour les animaux familiers (chiens et chats notamment) conduit à s’interroger sur leur influence sur les enfants. Toutes les études menées tant en France qu’en Europe et aux USA parviennent aux mêmes conclusions : l’animal est un facteur du développement de l’enfant et un élément structurant de la personnalité des jeunes. Il développe en effet le sens des responsabilités et de l’attention aux autres.

A l’école, lapins, cobayes et autres hamsters ("les animaux de découverte de la vie par excellence") permettent "de révéler les potentialités des élèves", affirme pour sa part le professeur Hubert Montagner, qui a conduit des initiatives en milieu scolaire. Enfin, on connaît aussi "le rôle de régulateur éducatif" que joue l’animal dans la famille.

L’animal familier et la personne âgée

Les animaux changent la vie dans les maisons de retraite

En 1994, l’étude conjointement menée par l’Afirac et l’Adpa (Association des Directeurs d’établissement pour personnes âgées) soulignait les progrès à réaliser pour faciliter la présence des animaux de compagnie en structures d’accueil. Un nouveau travail de recherche à l’échelon national publié en 2006 par M. Robert Kohler témoigne que la présence animale dans les maisons de retraite est un mouvement en évolution de manière inéluctable car il devient difficile de dissocier la présence des animaux des attentes des personnes âgées. Cette étude montre que 75 % des compagnons à quatre pattes sont possédés par des personnes âgées vivant dans établisssements de taille modeste, comptant au maximum 100 places. On notera que les structures plus importantes ou encore réticentes à accepter l’animal à titre individuel se font de plus en accueillantes pour les initiatives externes comme les associations de « chiens visiteurs » binômes de maîtres bénévoles et leurs chiens qui proposent des animations hebdomadaires.

La présence animale dans les maisons de retraite est un bon indicateur de l’ouverture de l’établissement à la qualité de vie et de sa capacité à s’inscrire dans de nouvelles formes d’échanges avec les résidents.

Zoom sur…

En France, Parole de Chien, association Loi 1901, organise des visites de chiens auprès de personnes âgées ou handicapées dans des hôpitaux, maisons de retraite et établissements spécialisés. Les interventions avec les chiens permettent aux personnes visitées de recréer des liens sociaux entre elles, grâce à la présence complice de l’animal et sa capacité à motiver les échanges. Les visites et les animations visent à stimuler : la mobilité, les sens, l’expression et la mémoire.

Thérapie or not thérapie ? …

Différentes approches théoriques et pratiques montrent en effet que les Activités Associant l’Animal (AAA) offrent un large spectre d’opportunités d’accompagnement à visée sociale, éducative ou thérapeutique. En particulier lorsqu’un professionnel de la santé, de l’éducation ou de la prise en charge sociale l’associe à sa pratique.

Toutefois, comme le souligne le neuropsychiatre et éthologue Boris Cyrulnik, "gardons-nous de l’illusion américaine selon laquelle les animaux guérissent, alors qu’ils contribuent simplement à améliorer les choses".

Analyse partagée par de nombreux professionnels de la santé dont le Docteur Didier Vernay, neurologue au CHU de Clermont-Ferrand et président de l’Afirac : «  L’animal n’est pas un thérapeute, il n’est pas psychologue, encore moins psychanalyste. En revanche, il est assurément une béquille contre la phobie ou, dans un groupe humain, un élément de médiation qui peut permettre à certains individus de se révéler ». Si la Thérapie Facilitée par l’Animal n’est pas un remède miracle, elle n’en reste pas moins une voie pour l’amélioration de l’état des bénéficiaires.

Les A.A.A. sont aujourd’hui majoritairement dirigées vers les adultes et les enfants handicapés moteurs et cérébraux, les jeunes en difficulté et les personnes âgées en institution. Pour ces différents profils de bénéficiaires, toutes sortes de pratiques sont possibles, dues autant à la connaissance d’expériences antérieures menées dans des sphères connues des porteurs de projets qu’à leur capacité d’invention face aux personnes qui leur sont confiées et à l’animal mis à leur disposition.

Les A.A.A. ne sont pas figées et chacun, selon sa spécialité, peut chercher à en tirer bénéfice : le psychologue n’en attend pas la même chose que l’aide-soignant ou le kiné, sinon une aide bienvenue et polymorphe. La richesse (qui contient aussi certainement la limite) de la participation de l’animal, c’est qu’il s’agit d’un être vivant et non d’un objet calibré pour un usage précis. L’animal, plus ou moins impliqué selon sa personnalité et la façon dont il est pris en charge, pousse des portes différentes chez chacun, selon la culture, le vécu, la sensibilité, l’état du patient.

Zoom sur…

En France, Handi’Chiens, association créée en 1989, forme des chiens d’assistance capables d’aider et d’accompagner les personnes handicapées en fauteuil roulant. Handi’Chiens met ainsi la complicité qui unit l’homme et le chien au service d’une grande cause : l’autonomie des personnes atteintes d’un handicap moteur. Au-delà de l’aide technique indiscutable (ramasser des objets, apporter le téléphone, ouvrir le placard, allumer la lumière…), le chien apporte un réel soutien moral et affectif à son maître, tout en créant un lien social avec l’environnement.

Le "droit à la possession pour tous"

A la lumière des résultats proposés par la science, les différentes associations fédérées au sein de l’IAHAIO, ont établi un texte de référence à l’attention des Etats et des instances internationales concernées. "La déclaration de Tokyo" vise notamment à reconnaître que « Béné́ficier de la présence des animaux est un droit de l’homme universel, naturel et fondamental. »

Chacun des membres de l’IAHAIO relaie cette déclaration dans son pays. En France, il reste un travail à faire en direction des milieux institutionnels. L’importance affective et psychologique des visites d’animaux auprès des enfants malades et des personnes âgées a été reconnue par les scientifiques. Les modalités d’un accès réglementé, qui ne porte pas préjudice aux personnes refusant cette présence, sont à définir.

Hubert MONTAGNER (INSERM) : "L’animal peut contribuer à renforcer les défenses immunitaires"

Le Professeur Hubert Montagner, Directeur de Recherche à l’Inserm, psycho-physio éthologue et spécialiste de la relation enfant-animal, affiche une certaine prudence face à la "thérapie assistée par l’animal". Il fait également partie de ceux qui estiment que l’on passe trop vite du stade de la recherche fondamentale à celui de la recherche appliquée. Et pourtant, cet homme qui se caractérise par sa prudence, est convaincu que la présence d’un animal familier peut avoir un effet positif sur les défenses immunitaires de l’homme. Il s’en explique :

"Dans le domaine de la recherche appliquée, il y a une voie très importante à suivre, mais il ne faut pas brûler les étapes. Je suis notamment convaincu que l’animal peut contribuer à consolider les défenses immunitaires. Tout ce qui est anxiolytique et tout ce qui participe à la sécurité des individus peuvent jouer un rôle, car cela permet de mobiliser plus facilement les défenses de l’organisme. Si l’on maîtrise l’aspect sécurité ou diminution d’insécurité, l’aspect communication positive, l’aspect transfert de projections, d’affects… je suis à peu près sûr que l’on constatera des effets sur la longévité, sur les phénomènes de rémission des maladies infectieuses et, peut-être, sur les cellules qui défendent notre organisme. Un gène s’exprime ou ne s’exprime pas, selon que certaines conditions de l’environnement somatique sont réunies ou pas. Et les animaux sont l’une des clés qui peuvent permettre de verrouiller cet environnement".

Pour avancer cette hypothèse, le Professeur Montagner se fonde sur la recherche fondamentale et de nombreuses études cliniques montrant, par exemple, que les personnes âgées possédant un animal vivent plus longtemps, et que les propriétaires d’animaux dans leur ensemble sont moins vulnérables aux maladies cardio-vasculaires. Avec toute la prudence de rigueur chez un scientifique, il explique : "Les chercheurs ont établi une corrélation entre les deux, mais il reste maintenant à la confirmer. Il nous faut rechercher par la voie expérimentale s’il existe un lien réel entre les deux… ou si, tout simplement, les sujets qui ont fait la démarche d’adopter un animal étaient des personnes en meilleure santé que d’autres".

Pour exemple, une étude menée en Allemagne en 2006 et qui portait sur 9000 enfants de la naissance à 6 ans, indique qu’un chien dans une maison pourrait réduire les probabilités d’allergies chez les enfants. Afin de recueillir davantage de preuves, les chercheurs allemands prévoient d’étudier le même groupe d’enfants à l’âge de 10 ans, pour vérifier si l’effet de protection se maintient au fil du temps.